Les tribulations d'une étudiante française en Allemagne.
Ce blog n'est pas un journal intime mais un recueil d'impressions sur la vie et la culture de ce pays.
Cela fait un bout de temps que j'ai quitté l'Allemagne et il y a eu quelques changements dans ma vie depuis.
Ce blog n'est plus mis à jour mais j'ai décidé de le laisser en ligne car il continue à recevoir régulièrement des visiteurs et la plupart des informations qu'il contient sur Cologne et l'Allemagne sont encore à jour.
Bremerhaven
est l’une des deux villes du Land de Brême, avec la ville éponyme. Les deux
communes, Brême et Bremerhaven (qui signifie littéralement « port de Brême »)
sont distante d’une soixantaine de kilomètres et se situent le long de la
Weser. Ville ouvrière et portuaire, détruite pendant la guerre, Bremerhaven ne
bénéficie pas d’un patrimoine historique conséquent. La ville ne porte son nom
que depuis l’après-guerre et résulte de la fusion de plusieurs communes
construites sur la Weser. Bremerhaven est d’ailleurs bâtie tout en longueur, du
quartier résidentiel de Wûhlsdorf où l’on trouve quelques maisons au toit de
chaume, au sud, au port à conteneurs
situé sur la mer du Nord.
La
ville est assez sinistrée, elle tenait d’ailleurs le plus fort taux de chômage
de la RFA du temps de la partition de l’Allemagne. Aujourd’hui, elle mise sur
le tourisme pour se redynamiser. Tout le quartier à proximité du port de pêche
est en pleine reconstruction, avec l’ouverture d’hôtels de luxe, de centres
commerciaux (le plus récent est curieusement nommé ‘Mediteraneo’ et les
bâtiments en carton-pâte se veulent évoquer le sud de l’Europe (pour résumer,
il n’est pas très couleur locale et jure un peu dans le paysage)), et de musées
assez intéressants. Par contre, l’ancienne rue principale est morose, avec la
moitié des boutiques qui ont mis de la clé sous la porte, et contraste
fortement avec le neuf clinquant du quartier touristique.
Le
port de pêche est resté authentique et il est bordé de nombreux restaurants de
poissons et de fumeries où l’on peut acheter crevettes, saumons, anguilles et
autres poissons.
Retour à Cologne pour une présentation de la Schildergasse
et de ses environs. La Schildergasse part de la cathédrale pour aller jusqu’au
Neumarkt. Il s’agit de la rue la commerçante la plus fréquentée d’Europe devant
Oxford Street à Londres (moyenne de 17 196 visiteurs par heure contre 16 148 pour
Oxford Street). La rue est assez large et surtout entièrement piétonne. Au
fait, le quartier commerçant ne s’étend pas qu’à la Schildergasse mais aussi
aux rues alentours situées entre la cathédrale et le Neumarkt. Les boutiques
des rues situées au nord-ouest du
Neumarkt, en direction de la Breite Strasse sont plus petites et plus
« chics ».
Le quartier de la Schildergasse regroupe toutes les grandes
enseignent allemandes et internationales : plusieurs H&M, Zara, Orsay,
Deichman, Pohland… ainsi que des grands magasins (Karstadt, Galeria Kaufhof,
Jacobi). Ce n’est pas là que l’on trouve la petite boutique de créateur (pour
cela, aller plutôt dans le Agnesviertel) ou la boutique la plus chic mais il
est impossible de ne pas trouver au moins une pièce à son goût au vu du nombre
de boutiques. Ce sont dans la grande majorité des boutiques de vêtement mais on
trouve quand même une librairie Mayersche, deux-trois magasins de
déco/gadgets/objets et quelques cafés pas trop désagréables pour une pause,
mais sans plus, et, bien sûr, l’inévitable vendeur de saucisses !
Il est quasiment impossible d’avancer à une vitesse normale
le samedi après-midi et pendant l’Avent. Mieux vaut passer par d’autres rues
lorsque l’on est pressé. Par contre à la fermeture des magasins le soir et le
dimanche, la rue est déserte, contraste saisissant par rapport à l’animation
qui y règne pendant la journée.
La Schildergasse a
son site internet, mais il n’est pas très intéressant. Le voici quand
même si vous souhaitez en savoir plus sur les commerces qui y sont
présents :
Unter
den Linden est sans doute l’avenue la plus connue de Berlin. Au temps de la
ville scindée en deux, elle se situait à l’Est. Son équivalent à l’Ouest en
termes de prestige était le Kurfürstendamm.
L’avenue
part de la porte de Brandenburg pour rejoindre l’Ile des Musées, et, dans son
prolongement, l’Alexanderplatz. Bordée à la fois d’édifices anciens et de
bâtiments moches, l’avenue se distingue par la largeur de ses trottoirs
arborés, ses larges perspectives et sa longueur (1,5 km). Elle est prolongée
côté Ouest par l’avenue du 17 Juin, avec, au centre du Tiergarten, la
célèbre Siegessäule (colonne de la Victoire) et le Schloss Bellevue, résidence
officielle du Président de la République Allemande.
Au
mois de juillet, Unter den Linden était en travaux sur plusieurs endroits, en
particulier près de la porte du Brandenburg. Lieu touristique, l’avenue est
cependant beaucoup moins fréquentée que les Champs-Elysées à Paris et les
boutiques de souvenir sont cantonnées à proximité de la Pariser Platz.
On
y trouve, entre autres, la Humboldt Universität, la Staatsbibliothek, le
Deutsche Staatsoper, l’Ambassade de Russie (bâtiment impressionnant et très
pompeux), le monument commémoratif des soldats morts pendant les guerres (Neue
Wache) avec la statue de la « mère pleurant son enfant mort » et des palais. L’avenue se termine (ou commence)
au niveau du Schlossbrückeà côté duquel est érigée la cathédrale.
Tout
près d’Unter den Linden se trouve le magnifique Gendarmenmarkt, exemple d’architecture
néo-classique à Berlin. On y trouve notamment la cathédrale catholique et le
Französischer Dom, église des huguenots réfugiés à Berlin, aujourd’hui
transformée en musée.
Unter
den Linden est jouxtée de nombreux cafés et restaurants. On peut en trouver à
des prix pas du tout prohibitifs. Pour cela, ce n’est pas de la grande
gastronomie, mais au moins, on n’a pas l’impression de se faire
systématiquement avoir sous prétexte qu’il s’agit d’un lieu touristique.
Symbole du renouveau de Berlin, la Postdamer Platz avait été
laissée quasiment à l’abandon entre les bombardements de 1945 et la chute du
mur de Berlin. A la jonction des secteur américains, britanniques et
soviétiques, elle est traversée en 1961 par le mur. A partir de 1990, elle fait
l’objet d’un vaste projet architectural de réaménagement, notamment mené par
Renzo Piano. Peu d’habitations y sont construites mais de nombreux immeubles de
bureau, dont l’impressionnant Sony Center. La gare devient l’un des principaux
axes d’échange de Berlin. Immense et quelque peu impersonnelle, la Potsdamer
Platz est toutefois un lieu de vie et le point de rendez-vous de nombreux
berlinois. Elle comprend en effet plusieurs cafés et restaurants, des
multiplexes cinématographiques et elle est située tout près du bâtiment de la
Philharmonie.
Alors que le 9 novembre 2009 l’on commémore la chute du Mur
de Berlin, il ne reste que peu de vestiges de ce dernier dans la ville. Le plus grand se
situe au Mauerpark, au nord-est de la ville près du Scheunenviertel. Il reste aussi
des segments bien conservés au niveau de la « Topographie de la
terreur » et sur la Mühlenstrasse, sur plus d’un kilomètre. Ce pan est
connu aujourd’hui sous le nom de East Side Galerie. Quelques fragments sont
présentés sur la Potsdamer Platz, qui était un immense no man’s land lorsque le
mur était érigé (il pouvait y avoir plusieurs centaines de mètres entre le pan
ouest et le pan est du mur). On peut aussi suivre le tracé sur toute
l’esplanade devant le Reichstag et la Brandenburger Tor. Trois miradors
subsistent aussi et ont été classés, tout comme le mur, monument
historique.
Certains fragments ont été découpés et offerts ou bien
acquis par des particuliers, des institutions ou des sociétés. Ainsi, on
retrouve de nombreux blocs d’environ 2 m de haut sur 50 cm de large devant des
hôtels, des ministères etc., mais ils ne sont pas situés du tout à
l’emplacement original du mur.
Dans n’importe quelle boutique de souvenir des fragments du
mur sont aussi à vendre, mais leur authenticité n’est pas toujours prouvée. Un
indice : le morceau ne doit pas être coloré des deux côtés puisqu’il n’y
avait pas de tags du côté Est.
L’Alexanderplatz
était un des principaux lieux de rencontre des berlinois de l’Est. Elle est
située dans le quartier de Mitte, au Nord de l’île des Musées, dans le
prolongement de Unter den Linden. L’architecture de la place est vraiment
moche, mais paradoxalement, elle conserve un certain charme car c’est un lieu
de vie avec de nombreux cafés, restaurants, magasins et des gens de tous styles
qui s’y rencontrent. Mais bon, ne cherchez pas du typique ou de l’authentique
dans les commerces, ce ne sont des lieux
assez impersonnels et froids. L’Alexanderplatz est le passage obligé pour
rejoindre les quartiers tels que
Scheunerviertel ou Spendau.
La
tour de télévision est le monument incontournable de l’Alexanderplatz et domine
tout Berlin. On la repère d’ailleurs facilement de l’avion en atterrissant à
Schönefeld. La visite vaut le coup pour la vue que l’on a de Berlin. Faisable
pour les personnes souffrant de vertige, ce n’est pas trop étroit et on est
bien à l’abri. Ascenseur très rapide. L’entrée est un peu chère, mais bon, c’est
un des incontournables ! A l’étage supérieur se trouve un restaurant
rotatif panoramique. La déco n’a pas changé depuis la chute du mur, un peu
ringarde donc. Ce n’est pas de la haute cuisine, mais on a vraiment l’impression
de faire un saut dans le temps sans que cela ne semble faussement authentique.
Autres choses à voir Alexanderplatz : la célèbre
horloge universelle, les bâtiments de la plus belle architecture socialiste, la
Haus der Lehrers avec sa frise à la gloire du peuple, la vieille église qui
semble totalement anachronique
Berlin
est la capitale de l’Allemagne et anciennement de la Prusse. Huit fois plus
grande que Paris, Berlin compte plus de 3,4 millions d’habitants. Un tiers de la surface de la ville est
recouvert de lacs et de forêts. Ceux-ci sont surtout situés dans les quartiers
périphériques, mais le centre est lui-même très arboré, et le Tiergarten est un
immense parc qui s’étend sur plus de trois kilomètres entre le Reichstag et le
quartier de Charlottenburg. Le climat est continental et il peut y faire très
froid en hiver.
Deux
villages de pêcheurs sont à l’origine de Berlin : Berlin et Cöllin. L’emblème
de la ville est l’ours. Les huguenots chassés de France à la révocation de l’Edit
de Nantes en 1685 vont en partie s’installer à Berlin et jouent un grand rôle
dans le développement de la ville à la fin du 17e siècle. En 1701,
la Prusse devient un royaume dont Berlin est la capitale. Frédéric Ier, premier
souverain, y fait construire le château de Charlottenburg. Sous le règne de
Frédéric-Guillaume Ier de Prusse , la ville devient un siège militaire
important, puis sous Frédéric II, couronné en 1740, la capitale des Lumières
(Aufklärung) en Allemagne. En 1871, Berlin devient la capitale de l’Allemagne unifiée,
mais la ville n’est pas préparée à assumer ce rôle et de nombreux travaux d’aménagement
et d’assainissement (construction d’un égout notamment) sont nécessaires.
Pendant l’entre-deux guerres, Berlin, dont la population souffrit de la famine
pendant la 1re Guerre
mondiale, est le témoin de nombreuses émeutes. En 1933, elle est la capitale du
3e Reich. Presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre
mondiale, Berlin est ensuite découpée en quatre secteurs d’occupation. En 1949,
le secteur soviétique devient la capitale de la RDA, tandis que les secteurs
américains, britanniques et français deviennent une ville enclavée en Allemagne
de l’Est. Suite au fort exode de la population de l’Est vers l’Ouest de la
ville, le mur de Berlin est construit dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Il ne
sera détruit qu’en 1989. Suite à la réunification de l’Allemagne, Berlin
redevient la capitale du pays. D’immenses travaux, non encore achevés aujourd’hui,
sont entrepris pour construire les anciens « no man’s lands », les
bâtiments et monuments.
Aujourd’hui,
Berlin est vraiment une ville étonnante où l’histoire est présente à chaque
coin de rue. C’est à la fois une ville ancienne, avec la présence de monuments historiques et de vieux
quartiers (pour la plupart situés à l’Est, reconstruits à l’identique après la
guerre) et une ville en perpétuelle mutation, non figée, qui se bâtit sous nos
yeux. En cela, et aussi pour la richesse de sa vie culturelle, son atmosphère
unique, Berlin est une ville fascinante.